Les manuscrits arabes de la bibliothèque de Lisieux

Description
La médiathèque André Malraux de Lisieux (Calvados) conserve, aujourd'hui, dans ses fonds patrimoniaux, trois beaux livres manuscrits en langue arabe, élégamment couverts de cuir brun. Que contiennent ces livres ? D'où viennent-ils ? Et

Please download to get full document.

View again

of 14
All materials on our website are shared by users. If you have any questions about copyright issues, please report us to resolve them. We are always happy to assist you.
Information
Category:

Shakespeare

Publish on:

Views: 3 | Pages: 14

Extension: PDF | Download: 0

Share
Tags
Transcript
  La bibliothèque de Lisieux au XIX e siècle La création d'une bibliothèque publique àLisieux fut décidée par le Conseil municipal en1833. Elle eût pu être riche des considérables col-lections attachées à la cathédrale et aux nombreuxétablissements religieux de la ville saisies à la Révo-lution ; hélas de longues années de négligence,des vols répétés, des ventes à l'encan, avaient peuà peu dispersé l'énorme masse de livres rassem-blée en 1792 : il n'en restait qu'une toute petiteportion, environ 1500. Pour reconstituer un fonds,il fallut donc solliciter des dons et constituer uneassociation d'achat. La bibliothèque ouvrit sesportes au public au début de l'année 1837 : ellerassemblait alors 3000 livres, un chiffre qui seramultiplié par sept avant la fin du siècle. Son pre-mier conservateur fut un professeur au collège dunom de Samson ; lui succédèrent A. Michel,régent de mathématiques, de 1838 à 1867, puisAmédée Tissot, rédacteur en chef du Lexovien , de1867 à 1887 et Armand Marie-Cardine, inspec-teur primaire honoraire, après 1887. A partir de1872 exista aussi un poste de sous-bibliothécaireque son titulaire, Lhomme, conserva jusqu'à la findu siècle. Dès février 1840, Michel fit imprimer unpremier catalogue général de la bibliothèque : un« in-octavo de trois feuilles», c'est-à-dire un livretde 48 pages ! Ce document devenu extrêmementrare n'est conservé qu'à la Bibliothèque nationalede France à Paris. Un nouveau catalogue de 104pages le remplaça en 1861, que les successeurs deMichel augmentèrent au fur et à mesure desacquisitions de trois suppléments parus en 1879,1886 et 1896. Premières mentions de manuscrits arabes àLisieux Il y a aujourd'hui à Lisieux trois manuscritsarabes. Le Catalogue général des manuscrits desbibliothèques publiques de France n'en connaîtque deux, auxquels il donne les cotes 1 et 2. Cescotes ont été physiquement reportées sur lesmanuscrits ; cependant la cote 1 a étrangementété rayée et on lui a substitué la cote 4. Quant autroisième manuscrit, nous l'appellerons ici ms. X(manuscrit X) pour rappeler qu'il était totalementinconnu lorsque nous l'avons découvert en juillet2008 grâce à M. Olivier Bogros, actuel conserva-teur de la médiathèque. Dans la suite, nousaurons d'ailleurs à séparer les destins des manus-crits 1 et 2, qui semblent parallèles et pour les-quels on dispose de points de repère nets, decelui du ms. X qui reste en grande partie obscur.Depuis quand ces divers manuscrits sont-ils à labibliothèque de Lisieux ? Le catalogue imprimé enfévrier 1840 ne fait état d'aucun manuscrit arabe.Lorsque le bibliophile allemand Bethmann se pré-senta à la bibliothèque le 6 octobre 1840, il lui futrépondu qu'elle « ne possède pas de manus-crits»(1). C'est dans le catalogue de 1861 qu'on (1) La bibliothèque de Lisieux possédait en réalité déjà quelques manuscrits, comme l'atteste le catalogue imprimé en février1840. Citons notamment - sous les cotes J.42 et T.5 - les actuels ms. 3 (journal de l'assemblée du clergé de 1641) et ms. 18 (unebible gothique enluminée). Mais, ces quelques manuscrits ne faisaient pas l'objet d'une collection séparée, ce qui explique peut-être la réponse négative obtenue par Bethmann. Son attention aurait probablement été attirée par d'éventuels manuscrits arabes,car, visitant quelques jours plus tard la bibliothèque de Caen en compagnie des ses conservateurs Mancel et Trebutien, il nota :«les manuscrits les plus importants qui y sont encore consistent en 31 volumes orientaux dont Samuel Bochart a fait don». Surles manuscrits arabes caennais, voir notre récent article (  Annales de Normandie , 58 e année, vol. 1-2 (2008), p. 77-133). L ES MANUSCRITS ARABESDE LA  B IBLIOTHÈQUE DE  L ISIEUX La médiathèque André Malraux de Lisieux (Calvados) conserve, aujourd'hui, dans sesfonds patrimoniaux, trois beaux livres manuscrits en langue arabe, élégamment cou-verts de cuir brun. Que contiennent ces livres ? D'où viennent-ils ? Et surtout, com-ment expliquer leur intrigante présence dans le Pays d'Auge ? à mon père Charles-Robert Ageron (1923-2008), l'historien rigoureux et impartial de l'Algérie contemporaine  trouve la plus ancienne mention de manuscritsarabes à Lisieux. Mais elle est laconique et poseplus de questions qu'elle n'en résout : 244 . Desdevoirs. Manuscrit arabe. 2 v. fol. Le titre suggéré« Des devoirs » n'est guère significatif : le biblio-thécaire n'était manifestement pas en mesured'identifier le contenu d'un livre écrit en arabe. Lamention d'un seul manuscrit in-folio en deuxvolumes peut laisser supposer un volume aujour-d'hui disparu, mais il semble plus probable qu'onait groupé sous la même cote 244 les actuelsmanuscrits 1 et 2, et ce, en dépit de leurs dimen-sions nettement différentes. Voici enfin un élé-ment de certitude pour le ms. 2 : il avait intégréla bibliothèque le 22 octobre 1869. Ceci est attes-té par cette note manuscrite sur sa contregarde : Le présent manuscrit appartenant à la Bibio-thèque publique de la Ville de Lisieux contenant Deux cent deux pages Numérotées par Nous,Bibliothécaires, le vingt deux octobre mil huit cent  soixante neuf. Amédée Tissot  . Ce travail de pagi-nation, qui s'explique par le fait que les feuilletsou pages des manuscrits arabes ne sont en géné-ral pas numérotés, n'a en revanche jamais étéeffectué sur le ms. 1, ni sur le ms. X. Les précieuses notices de M. Derembourg Le 12 décembre 1874, un orientaliste de pre-mier plan examina les manuscrits 1 et 2. C'étaitl'historien d'srcine allemande Joseph Derem-bourg (1811-1895), qui occupa de 1852 à 1877la fonction de correcteur des textes orientaux àl'Imprimerie nationale. Il en résulta deux noticesmanuscrites, collées selon l'usage de l'époque surla contregarde des manuscrits, et dont voici lestextes, très exactement retranscrits. [sur le ms. 1]  Abou Mahammed Abd-allah benSaïd al Azdi. Bahdjat en-Nofous we-tahallihâ bi-Ma'arifati ma lehâ we-'aleïhâ. « Joie des âmes et leurs ornements par la connaissance de ce qui leur est favorable ou contraire.» Ce manuscrit renferme de grands développements sur un grand nombre de hadits, ou traditions relativesaux prophètes. Cet ouvrage est mentionné dansle dictionnaire bibliographique d'Hadji-Kahl [cedernier mot est rayé] Khafa sous le n° 1970, avec une légère variation dans le titre. (Note de M. deRennebourg, de l'imprimerie Nationale. 12 X  bre 1874.). [Une autre main a rayé « deRennebourg» et écrit au-dessus « Joseph Deren-bourg».][sur le ms. 2]  Abd-ar-Rahman, fils de Moham-med, et Taalebi. Ed-dorar al-fayik, « Les perlesexcellentes» Ce manuscrit traite des biens diffé-rents que renferment les invocations à Dieu et les prières. C'est un extrait de plusieurs ouvrages et une compilation de morceaux dispersés dansd'autres livres. Cette copie a été terminée vers lafin de l'an 1208 de l'Hégire (2). Le titre ne se trou-ve pas dans le dictionnaire bibliographiqued'Hâdjjî-Khalfa. (Note de M. de Rennebourg, del'Imprimerie nationale. 12 X bre 1874.) [Une autremain a écrit « Joseph Derenbourg » au-dessus de« de Rennebourg ».]On aura remarqué l'orthographe hésitante desnoms propres. Elle rend improbable le caractèreautographe de ces notices. Comment en effetDerembourg aurait-il hésité sur le nom d'Hâjjî Kha-lîfa, auteur d'un dictionnaire bibliographique de15007 entrées bien connu de tous les orienta-listes? Pourquoi se serait-il donné du « M. de Ren-nebourg », lui qui avait plus sobrement et depuislongtemps francisé son patronyme allemandDerenburg en Derembourg ? Quoi qu'il en soit,ces brèves notices restèrent, jusqu'à présent,l'unique source d'information sur les manuscritsarabes de Lisieux. Elles fournissaient à leur sujet uncertain nombre de renseignements, dont nous ver-rons qu'ils sont tous exacts ; cependant elles s'at-tachaient plus à leur contenu qu'à leur histoire. Catalogues de manuscrits . La première liste des manuscrits de la biblio-thèque de Lisieux fut établie par Amédée Tissot.Elle occupait les deux dernières pages du deuxiè-me supplément au catalogue de la bibliothèque,imprimé en 1886, et recensait 23 manuscrits. Lesdeux manuscrits arabes identifiés par Derem-bourg y figuraient sous les numéros 17 et 18,avec quelques renseignements directement puisésdans ses notices. En 1889 sortit des presses letome X du Catalogue général des manuscrits desbibliothèques publiques de France : une entrepri-se de très longue haleine qu'avait lancée, dès1833, François Guizot, député de Lisieux et   (2) Expatriation de Maho-met et des premiers musul-mans qui se réfugient àMédine en 622. Le calen-drier musulman commenceà cette date. Dans les transcription decet article la date indiquéeest celle du calendriermusulman.  ministre de l'Instruction publique. Cinq pages,rédigées par Henri Omont, y étaient consacréesaux manuscrits de la bibliothèque publique deLisieux. Comme son nom « viking » le montreassez, Omont était un Normand, né à Evreux en1857. Conservateur du cabinet des manuscrits àla Bibliothèque nationale, il était notamment spé-cialiste des manuscrits grecs. Dans le cadre duCatalogue général des manuscrits, il établit aussiles listes des manuscrits de Rouen, Louviers, Alen-çon, Avranches, Coutances et Valognes. A Lisieux,il arrêta une liste de 24 manuscrits, à peu dechoses près, les mêmes qu'en 1886, mais avecune numérotation différente. Les deux premiers,cotés 1 et 2, n'étaient autres que les manuscritsarabes 17 et 18 de la liste de 1886. Il en donnaune description physique, très sommaire ; pour lereste, ne connaissant pas l'arabe, il s'appuya surla même source d'information que son prédéces-seur : les notices établies par Derembourg en1874. C'est alors que se glissa une erreur maté-rielle. Dans sa notice sur le ms. 2, Derembourgavait indiqué comme date de copie l'année 1208de l'Hégire. Or Omont, relevant cette date, inter-vertit deux chiffres : 1208 devint 1028. Aprèsconversion en calendrier grégorien, cela revenaità dater la copie de 1619 au lieu de 1794 ! Cettedatation erronée fut imprimée dans le Catalogue général des manuscrits ; elle conduisit Omont àestimer que le ms. 1 remontait aussi au XVII e siècleet à formuler alors une séduisante hypothèse deprovenance des manuscrits, qui mérite que nouslui consacrions un examen détaillé. Une fausse piste : les Mathurins Provenance : Mathurins de Lisieux (?) Telle estl'hypothèse qui apparaît en 1889 dans le Cata-logue général des manuscrits , concernant lesmanuscrits arabes 1 et 2 de la bibliothèque deLisieux. Sous le nom de « Mathurins », Omont fai-sait référence à un très ancien ordre religieux,dont le nom exact est : Ordre de la Très Sainte Tri-nité et de la Rédemption des Captifs. Approuvéen 1198 par le pape Innocent III (qui le fit aussitôtsavoir au calife almohade (3) Muhammad al-Nâsir), il avait pour mission spécifique le rachatdes otages chrétiens en pays d'Islam, qu'ils fus-sent victimes des tensions politico-religieuses, du (3) Dynastie qui régna auMaghreb occidental et enespagne entre 1130 et1269 après être née d’unmouvement religieux réfor-miste. L ES MANUSCRITS ARABES DE LA  B IBLIOTHÈQUE DE   L ISIEUX  Pages 164 et 165 du ms. 2et actes juridiques datés.  commerce d'esclaves ou de la simple piraterie cra-puleuse. Le berceau de l'ordre fut le couvent deCerfroid (commune de Brumetz, Aisne), d'où lesTrinitaires essaimèrent en divers lieux, parmi les-quels Mortagne-au-Perche (Orne), première d'unelongue série d'implantations normandes. Ils s'ins-tallèrent en 1205 dans le quartier latin de Paris,où on leur affecta une chapelle dédiée à Saint-Mathurin : telle est l'explication de leur surnom.En 1220, l'évêque de Lisieux les appela dans saville pour leur donner la charge de l'Hôtel-Dieu,charge qu'il sous-traitèrent en grande partie à desreligieuses afin de se concentrer sur leur oeuvrede rédemption des captifs. Moins intense une foisfini le temps des Croisades, celle-ci reprit de l'im-portance vers 1630. Elle consistait en la collectede fonds permettant le versement de rançons. Leretour des ex-captifs était mis en scène avec soinpour impressionner les foules et inciter au renou-vellement des dons : c'est ainsi qu'on leur fixaitdes fers aux poignets lors de ces cérémonies. Desrelations de captivité étaient ensuite rédigées etpubliées, n'hésitant pas à noircir le tableau pourémouvoir le lecteur. Pour ce qui est des Mathurinsde Lisieux, on sait que l'un d'eux, nommé Busno,entreprit, en 1704 et 1712, le voyage de Maroc.En 1725, des captifs libérés débarquant au Havrefurent ramenés via Rouen, Pont-Audemer, Hon-fleur et Pont-l'Evêque jusqu'à Lisieux, où ils allè-rent en procession à la cathédrale, et de là, à lamaison des Mathurins où l'évêque d'Avranchesprésida une célébration. Les Mathurins de Mor-tagne, eux, profitèrent de leurs voyages derédemption pour acheter des peaux de maroquinet des babouches. Pourquoi n'auraient-ils pasaussi rapporté de ces voyages des manuscritsarabes, pour leur étude ou bien tout simplementà titre de souvenirs ? C'est sans doute ce que pen-sait Henri Omont lorsqu'il conjectura que lesmanuscrits de Lisieux sont un héritage desMathurins de cette ville. Son hypothèse fut repri-se comme une certitude en 1903 par Paul Des-landres, dans sa monumentale étude sur lesMathurins qui fait toujours référence. Rassem-blant les rares indices tendant à montrer que lesTrinitaires étudiaient la langue arabe - dont la maî-trise eût certes pu faciliter leurs négociations -, il ysignala notamment que deux manuscrits en cettelangue leur ayant appartenu sont déposés aujour-d'hui à la Bibliothèque de Lisieux  . Or qu'en est-ilen réalité ? Comme on l'a vu, c'est une erreurmatérielle qui fit croire à Omont que le ms.2 avaitété copié en 1619. La véritable date de copie,1794, est postérieure à la suppression de l'Ordrede la Trinité et à la fermeture de toutes ses mai-sons, dès 1790. Dans ces conditions, l'hypothèsemathurine, bien séduisante, doit être définitive-ment écartée. Un lecteur : Henri Courel Il se trouva encore, en 1891, un orientalistelexovien pour s'intéresser aux manuscrits arabesde Lisieux. Un petit feuillet est en effet glissé dansle ms.1, où l'on lit : Manuscrit arabe. Mr Courel 11 Juillet 1891 . L'identité de l'emprunteur faitpeu de doute : il ne peut s'agir que d'Henri Cou-rel-Groult, de Lisieux. Cet orientaliste peu connu,né vers 1840, semble avoir été compétent enarabe, hébreu, turc, persan, arménien et chinois !Il fut admis en 1871 à la Société de linguistiquede Paris (à laquelle appartenait aussi JosephDerembourg). L'essentiel de son oeuvre consistaen sa collaboration avec Fernand de Mély, legrand érudit du Mesnil-Germain, sur les lapi-daires , ces traités sur les vertus médicales oumagiques des pierres que l'on retrouve danstoutes les civilisations : l'un traduisait des lapi-daires arabes ou chinois que l'autre confrontaitensuite aux lapidaires grecs ou latins dont il étaitfamilier. Courel collectionnait aussi les livresanciens : parmi les fleurons de sa bibliothèque,nous avons glané, dans diverses sources, mentiond'un Lucrèce de 1511, d'un Virgile de 1527, d'unQuinte-Curce de 1663 et d'un Ragiel, ouvrage enhébreu du 17 e siècle. Plusieurs de ces livres por-taient les armes d'un évêque de Lisieux (les clefsde Saint-Pierre en sautoir). Mais Courel ne nous atransmis aucune information sur les manuscritsarabes de la bibliothèque publique, et ceux-ci nesemblent plus, depuis, avoir fait l'objet dumoindre examen avant notre propre étude en2008. « Joie des âmes » et « Perles excellentes » Comment identifier le contenu d'un manuscritarabe ? On y trouve rarement une page conte-nant titre de l'oeuvre et nom de l'auteur : cesinformations sont habituellement intégrées aux  premières lignes du texte, l' incipit  . L'auteur y estprésenté en termes élogieux, à la troisième per-sonne, puis prend la parole et s'exprime à la pre-mière personne. Ainsi :[traduction de l'incipit du ms. 1, f. 1v] Au nom deDieu,le Clément,le Miséricordieux.Que la prière de Dieu soitsur notre seigneur Muhammad,sur sa famille et sur ses com-pagnons,paix et salutation sur lui ! Le shaykh  ,le lettré,l' imâm  ,l'incomparable,le savant,le grand homme,l'expert,lemaître,le saint,le pieux,l'exemplaire Abû Muhammad3Abdallâh bin Sa3îd bin Abî Jamra al-Azdî - que Dieu le TrèsHaut lui fasse miséricorde,soit satisfait de lui et généreuxenvers lui,amen ! - a dit :Grâce soit rendue à Dieu qui a déchiré les voiles d'obscuri-té des ignorances des coeurs par les lumières de la bénédic-tion des miracles ! (...) Lorsque fut écrit le programme du livreque nous avons nommé «  jam3 al-nihâya fî bad' i l-khayr wa ghâyat » (Recueil de la fin et de l'extrémité du commencementdu bien),j'ai annoncé que j'augmenterai les bienfaits de seshadîth dans une vulgarisation de ce qui constitue la tradition,et j'ai pris la résolution de les expliquer (...) L'imâm al-Bukhâ-rî a fait un chapitre de chaque point de vue dans lequel peutentrer un même hadîth,quitte à répéter le hadîth dans diverschapitres,ou à scinder le hadîth et le faire figurer dans chacunde ses chapitres selon le besoin. [traduction de l'incipit du ms. 2, p. 6] Au nom deDieu,le Clément,le Miséricordieux.Que la prière de Dieu soitsur notre seigneur et maître Muhammad,sur sa famille et surses compagnons,paix et salutation sur lui ! Le shaykh,le saint,le pieux,le savant,le docte Sîdî 3Abd al-Rahmân bin Muham-mad bin Makhlûf al-Tha3âlibî - que Dieu soit satisfait de lui etnous accorde sa bénédiction ! - a dit :J'ai nommé mon présent livre,composé de toutes sortes debiens « al-durar al-fâ'iq » (les Perles excellentes) (...) LorsqueDieu - loué soit-Il ! - permit que j'achève le livre nommé « ilti- qâtal-durar » (la Pêche des perles),j'en entrepris avec la forcede Dieu cet abrégé,en espérant la récompense du Dieu TrèsGrand et la reconnaissance de ceux qui suivent la tradition deson noble prophète - que la meilleure des prières et des salu-tations soit sur lui ! Je le nommai « al-durar al-fâ'iq ».Il estcomposé de toutes sortes d'invocations et de prières.J'implo-re Dieu - loué soit-Il ! - qu'il soit profitable à son auteur,à celuiqui en a la garde,à son acquéreur et à qui s'efforce d'atteindreDieu - loué soit-Il ! - :qu'il soit profitable à moi et à vous.Etmoi,j'y ai diffusé,avec la force et la puissance de Dieu,destrésors et des joyaux qui adoucissent les devoirs,suivant lesplus doctes. L'auteur de l'ouvrage contenu dans le ms. 1 estIbn Abî Jamra, célèbre érudit proche dusoufisme(4) ( tasawwuf  ). Né dans l'Espagnemusulmane en 1114, il voyagea dans différentspays pour étudier, puis s'installa en Egypte où ileut de nombreux élèves et mourut en 1276 (1296selon d'autres sources). On peut d'ailleurs visiterson petit mausolée tout au bout du cimetière suddu Caire. Ce livre ressortit à la science des hadîth (pl. ahâdîth ), les paroles attribuées au prophèteMuhammad. Ibn Abî Jamra est parti d'un recueilde hadîth que la tradition sunnite estime être l'undes plus fiables et qui fonctionne dans une certai-ne mesure comme un complément au Coran : le  jâmî3 al-sahîh (Recueil authentique) de Bukhârî (809-869), avec ses 7397 hadîth systématique-ment accompagnés d'un bref commentaire etd'un isnâd  , une chaîne de garants étayant leurauthenticité. Ce recueil est organisé de façon thé-matique en 3450 chapitres, ce qui conduit à denombreuses redondances ou au démembrementde certains hadîth . C'est pour cette raison que IbnAbî Jamra en conçut un abrégé en deux partiesintitulé  jam3 al-nihâya fî bad' i l-khayr wa ghâyat  ,une sélection de 310 hadîth donnés sans leurchaîne de garants, excepté faite du dernier (4) Mouvement ascétique etmystique de l’Islam. L ES MANUSCRITS ARABES DE LA  B IBLIOTHÈQUE DE   L ISIEUX  Incipit du ms. 1 au f. 1v.
Related Search
Similar documents
View more...
We Need Your Support
Thank you for visiting our website and your interest in our free products and services. We are nonprofit website to share and download documents. To the running of this website, we need your help to support us.

Thanks to everyone for your continued support.

No, Thanks